Les RH soignent leur image et les jeunes diplômés grincent des dents
Sourire et bonne humeur, l’ambiance se voulait plutôt rassurante au forum de rencontre entre employeurs et étudiants Uni-emploi, organisé du 2 au 12 mars dernier par l’université de Genève. La situation du marché du travail est un peu tendue, mais sur les stands, l’optimisme semble régner. « On embauche toujours », assurent les représentants de plusieurs grandes entreprises. Pourtant, la sérénité affichée par les services de ressources humaines ne trouve pas son équivalent chez les étudiants.
Malgré tout, d’un côté comme de l’autre, on souligne l’importance de ce genre d’événement. Il offre aux jeunes un premier contact avec de potentiels employeurs. Il leur permet de poser leurs questions et de connaître de nouvelles sociétés. Comme le relève Rosafa, étudiante à l’université de Genève, les possibilités de stage ne manquent pas, « mais on ne trouve pas de boulot ».
« Internship », « graduate training program », « career start », beaucoup de grandes entreprises proposent des plans de carrière ou des stages rémunérés assez attrayants. Un programme de formation payé par l’entreprise ainsi que la découverte des divers services de leur boîte font parti des offres alléchantes que détaillent à l’envi les responsables de ressources humaines (RH). Pourtant selon deux étudiantes en HEC (Haute école de commerce) rencontrées dans les couloirs de l’Uni-mail de Genève, il n’est même pas si évident de trouver ne serait-ce qu’un stage dans le secteur bancaire ou commercial.
La représentante d’une grande multinationale reconnaît bien que, depuis le début de la crise, « le nombre de poste à pourvoir a chuté de 50% ». La période n’est pas propice. Etudiante en psycho, Jessica espère qu’à la fin de son master la situation se sera stabilisée.
Côté ONG, les possibilités de stage sont bien plus nombreuses. Mais contrairement à ceux que proposent les entreprises « à but lucratif », ces stages-là ne sont souvent pas rémunérés. Pour ceux que cela refroidit, ces organisations proposent parfois d’utiliser certains programmes du chômage qui leur permettent de bénéficier de stagiaires payés par l’Etat. Le programme Syni de la Ville de Lausanne connaît dans ce domaine un certain succès.
Et comme la crise n’épargne pas les ONG, les salons d’étudiant sont une belle aubaine. Sur le stand de l’une d’entre elles, on se félicite que ce genre de rencontre « débouche sur des stages ou du bénévolat ». Les étudiants voient pourtant d’un très mauvais œil ces « boulots bénévoles ». Nombre d’entre eux promettent de ne jamais s’y laisser prendre. Il est certain que si personne n’acceptait ces offres, elles disparaîtraient. Pas sûr, par contre, que les ONG auraient les moyens de s’offrir de vrais salariés pour remplir le travail effectué auparavant par les stagiaires. Quoi qu’il en soit, de nombreux jeunes diplômés qui veulent tenter leur chance dans les domaines de la défense des droits de l’homme ou du développement, acceptent toujours.
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